Deux reconstructions, une couverture : la tuile mécanique de Fère-Champenoise
Le plan du centre de Fère-Champenoise n'a rien de médiéval. Il date de la reconstruction qui a suivi l'incendie du 9 mai 1756, lequel a sinistré 1 200 des 1 600 habitants du bourg. La commune a alors été relevée selon un plan neuf, avec une seule église agrandie au lieu de deux et une vaste halle : c'est cette configuration que l'on parcourt encore.
Deux destructions se sont ajoutées ensuite. La partie nord du village brûle en septembre 1914, et le bombardement du 6 juin 1940 détruit quatre-vingts maisons du centre — deux Croix de guerre en portent la trace, celle du 13 octobre 1920 et celle du 11 novembre 1948. Ces deux campagnes de reconstruction tombent exactement dans la période de diffusion de la tuile mécanique à emboîtement, qui remplace alors partout les couvertures antérieures.
D'où un parc très majoritairement en tuile mécanique, sur des pentes plus faibles et des charpentes plus légères que celles de la tuile plate. Sur ces toitures relevées vite, nous vérifions en priorité le liteaunage, l'état des fixations de rive et l'absence fréquente d'écran de sous-toiture : trois postes qui décident de ce que coûtera la réfection.

