La tuile mécanique, couverture dominante de Mourmelon-le-Grand
Mourmelon n'a pas grandi lentement. La création du camp de Châlons, décidée en 1856 et inaugurée l'année suivante, fait tripler la population du village, développe le commerce et change la nature du bourg. Celui-ci se bâtit d'un coup : maisons de bourg et commerces de garnison de la seconde moitié du XIXe siècle, mairie-école des années 1860, puis reconstruction des années 1920 après les destructions de la Grande Guerre, enfin logements liés à la garnison après 1960.
Cette histoire se lit directement sur les toits. Le parc est homogène, ni médiéval ni récent, et couvert très majoritairement en tuile mécanique de terre cuite à emboîtement, sur des versants à deux pans de pente moyenne. D'une rue à l'autre, on retrouve les mêmes pentes, les mêmes charpentes et souvent les mêmes modèles de tuile.
C'est aussi ce qui oriente le diagnostic. Sur une couverture en tuile mécanique, le désordre naît rarement au milieu du versant : il naît sur les bords, là où chaque pièce est fixée ou scellée individuellement. Faîtage, rives, arêtiers, rang d'égout : nous commençons le relevé par ces lignes-là.

